Excite

Jasad: le corps sous tous ses angles

Joumana Haddad, rédactrice en chef du magazine a déclaré, à la parution du titre en décembre dernier: c’est un "cocktail molotov". Ce trimestriel édité au Liban traite du corps (Jasad) sous toutes ses coutures…

Les angles des articles n’ont rien de bon enfant. L’objectif est d’imposer un magazine vrai, sans tabous ni censure. Jasad explore les sujets artistiques, intellectuels, scientifiques, sociologiques, littéraires, sexuels… Joumana va plus loin. Des photos mettent en valeur l’intimité des êtres humains. On peut voir les parties génitales féminines et masculines. "Il faut arrêter l’hypocrisie et la schizophrénie qui règnent dans le monde arabe quand il s’agit de parler du corps".

L’idée séduit. Le monde arabe a besoin de s’émanciper, les femmes l’ont compris depuis longtemps. Ninar Esber, artiste et fille du poète arabe Adonis donne de sa personne. Elle pose en sous-vêtement jouant avec des vibromasseurs. Le succès n’attend pas. Les stocks sont vides. "Sur 7 000 tirages, 4 000 ont été écoulés en l'espace de 11 jours".

Le numéro est vendu 10 dollars (15 000 livres libanais). Joumana Haddad est aux anges, Jasad se vend partout: "Mon distributeur au Liban a été étonné, il m’a dit que le magazine se vendait bien, même dans les petits villages". Pour une distribution internationale, les abonnements se font via le site internet Jasad.

Controverse des opposants

Des lettres anonymes d’insultes lui ont été envoyées à la sortie de Jasad. "Dieu te punira !", "Tu es en train de corrompre les nouvelles générations!…". Les menaces se sont faites de plus en plus pressantes, sa famille et son compagnon y étaient opposés, tout du moins au départ.

La passion de la jeune rédactrice de 38 ans ne l’a pas fait faillir. "Je trouve qu’il n’y a pas beaucoup d’écrits ni de réflexions sur le corps dans le monde arabe, et notamment concernant le corps érotique".

Sujets de premier numéro

Homosexualité, masturbation, cannibalisme, notion de plaisir, fétichisme, elle a fait très fort. Des écrits sur le corps en arabe, une rubrique cinéma, des interviews d’artistes ou d’acteurs pornographiques ou érotiques, viennent achever ce numéro.

Lucide, elle se défend de faire de son fond de commerce, une boutique pornographique. "Le corps érotique est marginalisé dans le monde arabe. Il est tabou. Je ne m'impose aucune autocensure sur le contenu. J’ai refusé le financement d’une personne d’origine arabe par ce qu’elle a commencé à interféré dans le contenu".

Rappelons, néanmoins, que le magazine n’est vendu que dans les librairies libanaises dans un sac plastique, sous la mention: "Pour adultes".

Photo: jasadmag.com

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2016