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La vie des mannequins n’est pas toujours facile

L’Espagnole d'origine allemande revient dans son ouvrage sur les dix années qu'elle a passé dans l'industrie de la mode. Repérée dans un aéroport par le représentant d'une agence de modèles, la jeune femme a toujours rêvé d'arpenter les podiums. Au milieu des années 1990 d’ailleurs, les tops modèles, à l'image de Naomi Campbell, Elle McPherson ou encore Linda Evangelista, apparaissent comme des références de succès et des exemples de réalisation personnelle pour des millions d'adolescentes.

Christine Hart commence sa carrière à 25 ans après avoir obtenu un diplôme de droit. Un bagage universitaire qui l'aidera, selon ses propres mots, « à mieux naviguer dans ces eaux infestées de piranhas et de requins. » Mais la jeune fille doit mentir sur son âge. « A 25 ans, on te considère déjà comme une grand-mère, écrit-elle. Je disais alors que j'avais 21 ans. »

Lors de son premier travail de mannequin à Athènes, Christine Hart fait l'expérience du harcèlement sexuel. Après un dîner en compagnie d'un des photographes les plus réputés de la capitale grecque, ce dernier tente d'obtenir ses faveurs. Son ouvrage regorge d'histoires sordides de jeunes filles manipulées et perçues comme des objets. Une star des podiums de l'époque, Karen Mulder, avec qui a travaillé la mannequin Espagnole, a d'ailleurs porté plainte pour viol en 2001.

Pendant dix ans, Christine Hart voyage aux quatre coins du monde pour les diverses semaines de la mode, pose pour le photographe Helmut Newton et défile même pour le colonel Kadhafi. Le physique classique de la jeune femme a facilité sa carrière à l'âge adulte. Peu touchée par les évolutions de la mode, elle reconnaît néanmoins avoir dû se plier au « contrôle qualité du mètre ruban ».

Elle porte d’ailleurs un regard sans concession sur cette volonté de standardiser les silhouettes: « Les mannequins souffrent davantage de la dictature de la beauté aujourd'hui que dans les années 1980. D'une taille 38 imposée, on est passé au 34, en particulier sur les podiums, et les filles d'aujourd'hui ne transmettent aucune émotion. On ne sait plus si ces filles sont des robots ou des mannequins. La plupart n'ont que la peau sur les os et aucune d'elles ne sourit, ce qui n'arrange rien. »

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