Excite

Les deux mariées de Chanel au Grand Palais

Mardi matin, Karl Lagerfeld pour Chanel a fait preuve d’audace créatrice. Avec une précision et une décontraction folles, Lagerfeld a montré qu’il régnait plus que jamais en maître sur le territoire de l’élégance française et internationale, pratiquant de surcroît l’art du contre-pied avec jubilation.

Une variation du Songe d’une nuit d’été, de Shakespeare, a permis au créateur de Chanel de poser le décor : une forêt ceinte de hauts panneaux de bois gris-bleu, et un sol de sable blanc foulé par des mannequins qui paraissaient sortir d’un pays imaginaire. Vêtues de tailleurs plutôt stricts, plutôt sombres et hivernaux, mais agrémentés d’une foultitude de sequins, les créatures de la forêt Lagerfeld sont ensuite réapparues dans des robes plus claires, entièrement rebrodées de paillettes et de fleurs aux couleurs de plus en plus vives.

Le mantra stylistique de la collection ? Les épaules dénudées, comme si les bretelles des robes avaient été baissées jusqu’à mi-bras, qui conféraient à ces dames de la nuit un chic vertigineux. La bande-son, choisie par le DJ Michel Gaubert, rendait l’atmosphère encore plus étrange, le dubstep caverneux et aérien du musicien anglais Andy Stott semblant annoncer une pluie de sortilèges pour le public.

Mais on n’avait encore rien vu. La tradition des défilés haute couture veut que le dernier passage soit celui de la robe de mariée. Sauf qu’ont surgi de la forêt Chanel, décidément enchanteresse, deux mariées tenant la main d’un petit garçon, le filleul de Karl. Pour un homme guère politisé mais aux idées implacablement tranchées, quel engagement !

France - Excite Network Copyright ©1995 - 2014